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samedi, octobre 31, 2009

Tears in heaven

Un an et des poussières se sont écoulées depuis ton départ.
Je sais que tu es bien là-haut. T'auras enfin retrouvé tes jambes, ton corps et tes sens.

T'es sans doute l'homme le plus digne que j'aurai jamais rencontré, papa. Un exemple pour les plaignardes comme moi.

Je te la dédie, celle-là...
Parce qu'en un seule chanson, il aura exprimé ce que je ressens, aujourd'hui.

lundi, septembre 14, 2009

Comment j'ai rencontré ma merveilleuse personnalité

Je ne sais pourquoi ce souvenir a jailli de l'organe qui me sert de cerveau ce soir.  Probablement que mon amie Conscience a jugé bon de modérer mes ardeurs en voulant ramener à l'ordre mon fidèle comparse Ego qui semble un tantinet trop confiant ces jours-ci.  Et vu qu'il y a des lustres que je n'ai pas laissé Malchance s'émanciper, j'écoute donc Conscience et ferai taire Ego le temps de vous le raconter...

Je devais être en sixième année. Une de mes pires, du temps de l'école élémentaire.  Bien qu'elles m'ont toutes été terribles, point de vue popularité, celle-ci fut marqué par une extrême solitude combinée à un manque total de confiance en moi. 

La gamine que j'étais a donc pris l'habitude de partir avec Solitude pour s'évader de son monde cruel après l'école.  Elle aimait bien se promener à vélo.  Son père prenait donc toujours soins de bien ajuster les freins, gonfler les pneus et huiler la chaîne qu'elle usait sans relâche.  Rage et Tristesse  l'accompagnaient très souvent lors de ses innombrables randonnées.

On dit qu'il faut toujours retirer du positif de nos drames du passé.  Et bien j'avoue que je dois sûrement mes jolies cuisses et mon air athlétique à cette habitude que j'ai gardé. (Chut Ego... silence, j'ai dis plus tôt!)

Un jour, lors d'une de ces trop nombreuses escapade, j'ai fait la rencontre de Honte sur mon passage...

C'est que voyez-vous, trop occupée à philosopher avec Solitude, Rage et Tristesse, je n'ai pas pris le temps d'analyser les potentiels obstacles sur mon passage.  Il était déjà trop tard pour moi quand Jugement s'est pointé. Imaginez, même Réflexe n'a pas eu le temps de m'aviser de l'imminence d'une bouche d'égout sur mon sentier! Je me souviens juste de la présence de Terreur à cet instant.  D'ailleurs, elle s'est manifestée par un cri ho combien retentissant. Il est vrai que Rage a bien essayé de revenir mais Douleur a tôt fait de la chasser une fois que mon popotin a touché terre...

C'est tout de même ironique que ce soit Conscience qui m'ait présenté Ego, ce soir là, quand, à la maison Maman m'a demandée ce qui m'était arrivé. Car bien sur, pour rien au monde je ne lui aurais raconté...

Aujourd'hui, bien qu'il m'arrive parfois que Solitude, Rage et Tristesse viennent me visiter, mon amie Humour à tôt fait de les renvoyer. Et remerciez Malchance de faire en sorte que je puisse le partager!

mercredi, août 19, 2009

Flash back

À cette époque, il faisait toujours beau l'été. Le soleil était plus brillant, le ciel plus bleu, l'herbe plus verte. À cette époque, j'avais 8 ans et ma soeur 6.

Je la regardais, petits pieds nus ballotants dans le vide assise sur la table de pique-nique que papa avait fait quelques années plus tôt. Le temps ou il était encore capable. "Encore un homme", comme il disait si souvent après que la sclérose en plaques l'eut cloué pour toujours dans un fauteuil roulant...

Je la regardais fixement, ce petit bout de bonne femme si pleine de vie, chantonnant en examinant ses prises de la journée. P'tite soeur avait cette faculté de s'émerveiller de tout, de collectionner des petits trésors qu'elle gardait précieusement dans un pot Masson que maman lui avait donné quand elle était venue la déranger, un peu plus tôt dans la journée, pendant qu'elle faisait ses si succulentes confitures à la fraise. Dieu que ça sentait bon dans la maison. "C'était avant". Comme le disait si souvent ma mère. lorsqu' elle avait encore le temps de le faire. Avant qu'elle ne consacre tout son temps à s'occuper de mon père malade. Avant, aussi, qu'elle ne traverse un long combat contre le cancer...

J'examinais toujours ma soeur. Le vent, comme toujours, avait rendu sa longue chevelure en bataille. À ses côtés, notre fidèle compagnon Slim avait la tête posé sur sa cuisse. Comme à son habitude, il léchait de temps en temps le genou ensanglanté de soeurette qui avait encore tombé du haut de son vélo. "C'était avant". Comme le dit si souvent ma soeur. Avant que comme papa, la sclérose en plaques attaque son jeune corps à son tour. Avant qu'elle n'apprenne que son enfant souffre de paralysie cérébrale...

Puis je me suis avancé vers ma soeur. Mon amie, ma confidente. Ma comparse de coups pendables. Maintenant assise à ses côtés, nous nous amusions à dénombrer sa collection de cailloux. Notre seul soucis étant de savoir si nous n'étions pas en retard pour le dîner que maman nous préparait toujours avec amour. Il faisait tellement bon à cette époque. Tellement.

On dit que l'herbe est toujours plus verte chez le voisin...
Mais en ce temps, je vous assure, c'est dans ma cour que le gazon était le plus beau de la Terre.