J’avais à peine 6 ans qu’il déambulait déjà dans les rues. D’un châtain fade, ses cheveux longs et gras dissimulaient un visage allongé d’années de misère.
On lui a collé l’étiquette de fou, de dangereux, d’égaré. On lui crachait au visage toutes sortes d’insanités. Bougalou n’a à ma connaissance jamais bronché..
Parfois, en essayant de l'éviter, nous pouvions percevoir ses lèvres craquelées murmurer quelques syllabes mal articulées à un interlocuteur imaginaire qui semblait souvent l'accompagner. Son regard noyé par l'alcool bon marché semblait ignorer l'univers hostile qui lui était réservé.
Tout bon parent enseignait fermement à son enfant de jamais s’en approcher. C’était un ivrogne vous voyez… un drogué et une charogne.
Tout bon parent enseignait fermement à son enfant de jamais s’en approcher. C’était un ivrogne vous voyez… un drogué et une charogne.
Je l’ai pourtant vu un soir d’été, poings en l’air et genoux par terre .. Je l’ai entendu pleurer, dos courbé, de sa voix enrouée.
Bougalou, comme tous mes amis du quartier, et bien je ne lui ai jamais parlé. J’ai seulement appris, il y a quelques années, qu’on l’avait trouvé raide mort, gisant par terre.. L’air d’un vieux christ, tombé de son calvaire.
J’ai comme un goût amer juste d’y penser…
Bougalou, comme tous mes amis du quartier, et bien je ne lui ai jamais parlé. J’ai seulement appris, il y a quelques années, qu’on l’avait trouvé raide mort, gisant par terre.. L’air d’un vieux christ, tombé de son calvaire.
J’ai comme un goût amer juste d’y penser…
Et je crois que c’est ça que ça goûte, la culpabilité.